
Forum canadien sur le leadership en éducation relative à l’environnement 2025
Merci à toutes les personnes qui ont contribué au succès du Forum canadien sur le leadership en éducation relative à l’environnement 2025 !
18 – 19 mars 2025
Le Forum canadien sur le leadership en éducation relative à l’environnement 2025 s’est tenu au Musée canadien de la nature, à Ottawa.
Plus de 100 participants provenant de partout au Canada ont assisté au Forum, co-organisé par l’EECOM, la Commission canadienne pour l’UNESCO et Environnement et Changement climatique Canada, avec le soutien d’autres institutions clés dans le domaine de l’éducation à la nature.
Merci à l’équipe d’ECCC pour le résumé suivant :
Le Forum canadien sur le leadership en éducation relative à l’environnement a été un rassemblement marquant, réunissant des partenaires et des parties prenantes de divers secteurs afin de renforcer le leadership et d’harmoniser les efforts visant à ancrer l’éducation environnementale dans l’ensemble du Canada. Le Forum s’est articulé autour de deux axes principaux : 1) la finalisation du Cadre national pour l’apprentissage environnemental (CNAE) et 2) les prochaines étapes de sa mise en œuvre à travers des partenariats intersectoriels pour un impact collectif accru.
1er jour – Perspectives sur l’éducation relative à l’environnement
Dominique Tremblay, directrice générale à ECCC, et l’ancienne sous-ministre d’ECCC, Christine Hogan, ont ouvert le Forum en soulignant l’importance d’une collaboration significative – un thème qui est revenu tout au long des deux journées.
À la suite de leurs allocutions, Maya Eyssen (gestionnaire, Affaires des enfants et des jeunes, ECCC) et Dre Alysse Kennedy (chercheuse en éducation environnementale, Outdoor Learning School) ont présenté un aperçu du CNAE, mettant en lumière ses cinq piliers : des environnements d’apprentissage épanouissants, le renforcement des compétences écologiques, l’élargissement des capacités des éducateurs, le développement de la recherche et des données, et la croissance de communautés engagées pour l’environnement. Elles ont également précisé que le CNAE a été élaboré de manière collective et que le Forum ne marque pas la fin de la réflexion – toutes les personnes intéressées sont invitées à rejoindre la Communauté de pratique nationale sur le leadership en apprentissage environnemental pour poursuivre la conversation.
Un moment fort de la journée a été l’intervention de la délégation étudiante du Centre for Global Education. Leurs idées – à la fois ancrées dans la réalité et audacieuses – ainsi que leur enthousiasme et leur engagement ont galvanisé l’assemblée. Leurs priorités comprenaient : des actions concrètes et des changements de comportement, des indicateurs d’impact local dans chaque conseil scolaire, un indice national des éco-compétences axé sur les jeunes, la collaboration interculturelle, un engagement de réduction des émissions ville-industrie, et des alliances nationales interscolaires pour la conservation. Ils ont clôturé leur intervention avec trois appels à l’action : 1) valoriser les voix des jeunes en les associant comme partenaires à part entière dans l’élaboration des programmes environnementaux ; 2) investir dans des espaces inclusifs (salles de classe en plein air, corridors urbains, ressources accessibles) ; et 3) tisser des liens durables en soutenant des partenariats pérennes avec toutes les parties prenantes.
Lors du panel qui a suivi, des panélistes ont souligné que l’éducation environnementale est de plus en plus reconnue comme essentielle à la préparation des élèves face aux défis actuels. Cette reconnaissance se reflète dans des initiatives mondiales telles que le Partenariat pour une éducation verte de l’UNESCO, la Déclaration sur l’éducation climatique à la COP28, ainsi que son intégration dans les curricula nationaux et des évaluations internationales comme le PISA.
Les participants ont ensuite pris part à un atelier visant à dégager un consensus sur ce que constitue un apprentissage environnemental de qualité et sur la manière d’en mesurer les retombées. Un apprentissage environnemental de qualité a été décrit comme pratique, ancré dans les réalités locales et culturelles, collaboratif, mobilisateur, intégré à l’ensemble des curricula, fondé sur des données probantes et inscrit dans la durée. Parmi les indicateurs de succès communs, on retrouve l’intégration de programmes destinés aux enseignants et aux élèves, l’élaboration de stratégies et de normes, et la collaboration à l’échelle nationale.
L’après-midi du premier jour, les participants ont entendu les témoignages des agents de programme de la CCUNESCO, Sergio Rodriguez et Barbara Filion, ainsi que de Shannon Leddy, professeure agrégée à l’Université de la Colombie-Britannique, sur l’éducation autochtone fondée sur le territoire. Le message central : nous devons opérer un changement de paradigme – passer de l’idée que la terre nous appartient à la conviction que c’est nous qui appartenons à la terre – et comprendre ces relations pour devenir de véritables gardiens de l’environnement.
L’après-midi s’est poursuivi avec une réflexion sur la mise en œuvre du CNAE. Chaque table a analysé un exemple existant de cadre ou de résultats d’apprentissage en éducation environnementale afin de l’adapter à des groupes d’âge ou à des contextes locaux. Malgré la diversité des approches, les participants ont identifié des éléments communs essentiels : des fondements autochtones et ancrés dans le territoire, un apprentissage pratique, l’autonomisation des jeunes, la capacité d’adaptation, un soutien systémique et le développement de la pensée critique.
Pour clore la journée, des étudiants de la délégation du CGE ont partagé leurs réflexions sur ce qu’ils avaient entendu tout au long de la journée. Une idée phare est ressortie : l’importance des comportements de réciprocité : ce que nous prenons, nous devons le redonner. Ils ont également réaffirmé un message entendu en ouverture : une collaboration significative, au sein des communautés, entre elles et au-delà, est indispensable pour faire progresser l’apprentissage environnemental à l’échelle du Canada.
2ème jour – L’éducation relative à l’environnement en action
La deuxième journée a débuté par un panel de professionnels de l’éducation abordant les dimensions de la recherche, des politiques et de la pratique. Parmi les obstacles identifiés : des lacunes importantes dans l’adoption de politiques d’action climatique par les conseils scolaires, l’absence de coordinateurs dédiés à l’éducation environnementale (notamment pour les expériences concrètes sur le terrain), ainsi que la surcharge des enseignants due à des curricula surchargés et à un manque de formation adéquate. La panéliste Janice Williams (enseignante certifiée en Ontario et consultante en éducation indépendante) a toutefois fait valoir que si en faire davantage n’est pas réaliste, alors faire autrement doit l’être – ajoutant qu’un cadre national pourrait servir de phare pour orienter et aligner les priorités régionales, locales et nationales vers le changement.
Les participants ont ensuite travaillé en groupes pour cartographier les initiatives existantes en apprentissage environnemental, identifiant un large éventail d’actions : développement de compétences écologiques, mobilisation communautaire, collaboration, apprentissage pratique, plaidoyer, et bien plus encore.
Après le repas, chaque table a approfondi cette cartographie pour cerner les lacunes du domaine. Les obstacles les plus fréquemment mentionnés étaient le cloisonnement des initiatives, les contraintes de financement, le manque de capacité des enseignants en raison de curricula surchargés, l’insuffisance ou l’absence de formation en éducation environnementale, et le manque d’accès à des espaces extérieurs inspirants.
Lors du panel sur les parcours professionnels, les panélistes ont souligné la demande croissante dans le secteur environnemental – notamment dans des domaines comme l’énergie – et l’intérêt des jeunes pour les carrières vertes. Ils ont également mis en évidence la diversité des débouchés dans ce secteur (métiers spécialisés, affaires, sciences naturelles et appliquées, éducation, etc.), tout en soulignant que l’accès à l’information sur ces possibilités demeure inégal.
En clôture du Forum, l’astronaute David Saint-Jacques a partagé son expérience dans l’espace et engagé une conversation avec les étudiants de la délégation du CGE. Le message était clair : il n’existe pas d’alternative à la prise en charge de notre planète, et donner aux jeunes les moyens d’agir – par des politiques ambitieuses, une réforme des curricula et de véritables opportunités – est essentiel pour bâtir un avenir durable et équitable pour toutes et tous.
Et la suite ?
Le Cadre continue d’évoluer grâce aux contributions recueillies lors du Forum. ECCC poursuit ses travaux avec ses partenaires et parties prenantes pour élaborer un plan de mise en œuvre assorti d’objectifs précis et de critères d’évaluation pour mesurer les progrès. Pour prolonger la réflexion, l’EECOM et l’Association canadienne des zoos et aquariums (ACZA) co-animent une rencontre mensuelle de la Communauté de pratique nationale sur le leadership en apprentissage environnemental, ouverte à l’ensemble des partenaires et parties prenantes en éducation environnementale.




